Egalité des chances dans « Santé Pour Tous »
Affronter les
Problèmes de Santé prioritaires
Principaux Défis pour la Santé
Le monde fait encore face à d'énormes défis en
matière de santé. Nombre d'entre eux affectent la totalité des pays comme le VIH/SIDA,
la tuberculose, les problèmes de santé mentale, les accidents et autres
traumatismes dus à la violence, le poids croissant des maladies chroniques et
des maladies non transmissibles. Pour donner un seul exemple, l'infection par le
VIH/SIDA a bouleversé le modèle de vie dans beaucoup de pays, avec de fortes
implications pour les stratégies de développement. Il est d'une urgence capitale
d'affronter ce terrible fléau universel. Il est nécessaire d’assurer
l'accomplissement des engagements déjà pris lors de la session spéciale de
l'Assemblée Générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA. Beaucoup a déjà été
obtenu dans le cadre d'ONU-SIDA, notamment en ce qui concerne la plaidoirie pour
l’action et le développement de la prise de conscience de la gravité de la
situation. L'OMS continuera à travailler avec l’ONU-SIDA pour assurer
l'efficacité de nos actions dans la plaidoirie pour un investissement approprié
des ressources mondiales pour faire face au VIH/SIDA. Ensemble, nous devons
faire en sorte que l'appui adéquat soit donné aux Etats pour qu'ils définissent
et mettent en œuvre leurs programmes d'action relatifs au VIH/SIDA.
D'autres maladies, moins répandues au sens géographique du terme, sont néanmoins
très préoccupantes. La malaria, la schistosomiase, les parasitoses intestinales,
la lèpre, la dingue, la maladie de Chaggas et beaucoup d'autres maladies
contagieuses continuent de poser d'énormes problèmes de santé pour de pans
entiers de l'Humanité, en particulier dans les pays à faible revenu, de même que
les taux élevés de mortalité maternelle et infantile. La cause sous-jacente de
ces maladies c’est la pauvreté aggravée par le manque d'accès aux mesures de
promotion de la Santé et de prévention de la maladie, aux produits
pharmaceutiques et aux soins appropriés. Je m’engage à ce que l’OMS coordonne
les derniers efforts pour éradiquer la poliomyélite et pour enrayer le tétanos
et la dracunculose. L’OMS va lancer des nouvelles initiatives en comptant sur la
participation de la communauté scientifique pour sélectionner les maladies qui
représentent un grand poids afin d’être éradiquées.
La Politique des Médicaments Essentiels adoptée par l’AMS, en 1978, et le
Programme d'Action pour les Médicaments Essentiels créé l'année suivante sont
des instruments importants pour faire face à ces défis. D'importants progrès ont
été enregistrés, mais il faut encore faire encore beaucoup plus pour assurer un
accès plus ample à des médicaments qui sauvent des vies partout dans le monde.
Il est nécessaire que nous réunissions TOUTES les autres parties intéressées
pour passer en revue les expériences des 25 dernières années, les accords
internationaux récents et la déclaration de Doha afin d’atteindre une meilleure
compréhension mutuelle et créer les conditions pour obtenir davantage
d'innovations et de succès dans ce domaine délicat.
Maladies Évitables: un poids pour l’Humanité
Le poids de la maladie dans le monde demeure
très élevé malgré les progrès dans l'espérance moyenne de vie et dans le taux de
mortalité infantile, ces 50 dernières années. Les disparités dans le poids de la
maladie entre les diverses couches sociales et les régions sont très évidentes.
En ce qui concerne un certain nombre de maladies, essentiellement les maladies
transmissibles, nous disposons de connaissances et d'instruments technologiques
pour les prévenir mais, malgré cela, elles contribuent fortement au poids total
de la maladie. Je m'engage à développer une initiative spéciale et dynamique,
avec l'implication des partenaires concernés, pour obtenir des progrès
mesurables dans la réduction de l'incidence et de la prévalence des maladies
devant être évitées en priorité. La pandémie du VIH/SIDA menace la sécurité
mondiale dû à son impact sur la gouvernance de la plupart des pays affectés.
L’OMS doit lancer des mécanismes innovateurs et des investissements dans la
recherche et développement d’interventions cliniques pour contrôler efficacement
ce fléau. Nous devons faire un choix parmi les maladies qui constituent un grand
fardeau, mais qui peuvent être évitées ou éradiquées par des technologies bien
identifiées. Si ces technologies ne sont pas encore appliquées ou ne sont pas
encore disponibles, nous devons collaborer avec les groupes de partenaires
appropriés impliqués dans cette initiative pour développer des approches
innovantes et courageuses, afin d’avoir des interventions cliniques d’un bon
rapport efficacité coût.
Santé de la Mère, du Nouveau-né et de l’Enfant
La Santé de la mère, du nouveau-né et de
l’enfant ne constitue pas seulement des indicateurs clefs des ODM mais aussi, en
soi, la Santé de ce groupe exprime les valeurs sociales de justice et d’équité.
Par conséquent, l’OMS doit jouer un rôle central avec d’autres agences et
partenaires pour changer le tableau actuel de la santé maternelle et infantile.
En effet, 11 millions de femmes et d’enfants de moins de cinq ans meurent sans
nécessité chaque année au niveau mondiale. Les causes des morts sont très bien
connues de nous tous et nous possédons également les connaissances et la
technologie pour éviter et traiter les maux associés à la morbidité et à la
mortalité excessives de femmes et d’enfants. Il y a eu des progrès positifs en
ce qui concerne la Santé des enfants comme démontre la chute du taux de
mortalité total d’enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement
passant de 105, en 1990, à 88/1000 naissances viables en 2003; cependant, bien
moins a été achevé en termes de données sur la mortalité maternelle et des
nouveaux-nés. En effet, nous observons plutôt une stagnation ou même une
régression de ces indicateurs comme enregistré dans la Région Africaine où le
taux de mortalité maternelle a augmenté passant de 870, en 1990, à 1000/100,000
naissances viables en 2001. Cette négligence inacceptable aggravée par le faible
statut des femmes et profondes injustices, justifie une action efficace et
immédiate de la part des gouvernements soutenus clairement par la communauté
internationale et, en particulier par l’OMS. Le moment est venu de mettre en
œuvre les leçons apprises pour délivrer des programmes de santé la mère, du
nouveau-né et de l’enfant d’une façon intégrée et à tous niveaux, à partir de
ménages et des communautés jusqu’à l’hôpital de référence; chaque niveau avec
des mesures adéquates. Suivi à l’accouchement par des personnes compétentes et
l’accès immédiat à des Soins d’Émergence Obstétrique (EmOC) ainsi que la
planification familiale sont des éléments d’importance capitale entre les
programmes essentiels d’intervention pour changer le statut actuel. Ces
approches doivent également et nécessairement renforcer la capacité des systèmes
de santé et s’attaquer aux causes sociales sous-jacentes de la précaire santé
maternelle et infantile de façon à améliorer les probabilités de succès.
Changement de Comportement et Promotion de
la Santé
Il y a des évidences scientifiques suffisantes
qui soutiennent la corrélation entre des variables de comportement et des effets
sur la Santé. Des choix sains portant sur la nutrition, le comportement sexuel,
l'usage du tabac et de l'alcool, l'abus des drogues et l'exercice physique, pour
s'en tenir à quelques aspects, sont au cœur du paradigme de l’OMS de promotion
de la santé. Je prétends renforcer le Programme de l’OMS de Promotion de la
Santé et garantir l’allocation de ressources pour ce programme crucial, y
compris la recherche, pour approfondir notre compréhension sur les déterminants
de comportement. L'OMS renforcera aussi sa capacité de fournir un appui
technique approprié aux Etats membres dans ces domaines.
Facteurs environnementaux comme Déterminants
de la Santé Humaine
Ces 25 dernières années, l'importance des
facteurs environnementaux comme déterminants essentiels de la Santé humaine est
devenue sans cesse plus évidente. Depuis la conférence de Rio de Janeiro, en
1992, une commission spéciale de l'OMS a rassemblé l'information scientifique
disponible à l'époque sur cette matière. Le sommet de Johannesburg a de nouveau
souligné l’interconnexion entre Environnement, Développement durable et Santé
humaine. Les maladies transmises par vecteur et celles découlant de la
consommation d’eau non potable, le manque ou des conditions d’assainissement et
d’hygiène inadéquates méritent une attention spéciale, en particulier dans des
contextes de pauvreté des pays moins développés. L’urbanisation galopante et non
planifiée dans les pays en développement est une cause de préoccupation pour la
Santé des habitants des villes. Des éclosions systématiques et répétées de
choléra, de maladies diarrhéiques, de la méningite, d’infections respiratoires
et l’épidémie des accidents de la route dans plusieurs villes surpeuplées dans
le monde illustrent l’impact du milieu humain sur leur propre santé. L’OMS, en
coordination avec d’autres partenaires et chercheurs de l’ONU, doit chercher des
moyens innovateurs et efficaces pour aider les Pays Membres à développer et à
mettre en œuvre des cadres régulateurs et de gestion de l’environnement sains.
3.6. Le vieillissement: Un Défi pour les Systèmes de Santé
Ces trois dernières décades, il y a eu une prise de conscience croissante de
l'importance du vieillissement comme un défi pour les systèmes de Santé modernes.
Le problème, initialement limité aux pays industrialisés, constitue aujourd'hui
une préoccupation pour un nombre grandissant de pays et va devenir rapidement
une préoccupation mondiale. L'OMS a pris des initiatives pour inciter les pays à
accorder plus d'attention à cette question essentielle. Ces efforts doivent être
accrus, en impliquant de nouveaux partenaires, avec l'OMS jouant un rôle
directeur.
Les Désastres naturels et provoqués par
l’Homme comme Obstacles à la Santé
La faim, la sécheresse, les inondations, les
mouvements massifs de populations, les situations de conflit et les guerres,
ainsi que les menaces terroristes sont des exemples de désastres potentiels pour
la Santé, tout autant que les désastres politiques et de développement. En
améliorant la capacité à surveiller continuellement les conditions de Santé,
l'OMS et les gouvernements ont la possibilité d'annoncer, au préalable, des
désastres imminents ou leurs conséquences. Les désastres naturels récents comme
les tsunamis et les ouragans de grande envergure ont confirmé l’importance du
déploiement d’efforts de prévention et de coordination contre les conséquences
pour la Santé de désastres naturels. Je réitère mon engagement d’améliorer la
fonctionnalité de l’OMS pour mieux soutenir des opérations dans le domaine de la
Santé en cas de désastres naturels, de façon à protéger la santé humaine.
L'OMS doit, de manière plus active, accroître la conscience de l'impact sur la
Santé de ces évènements et garantir que des actions appropriées dans le domaine
de la Santé soient incluses dans les stratégies internationales pour prévenir et
contrer ces menaces. En réponse à ces désastres, l'OMS doit aussi développer sa
capacité d'intervention rapide et de coordination avec d’autres agences en cas
de catastrophe, en réduisant au maximum les lenteurs bureaucratiques. L'OMS est
également dans une position unique pour affirmer la valeur de la vie humaine et
de la Santé, même dans les situations de conflit.